Le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB) représente la cause la plus fréquente des vertiges périphériques. Il est un bon exemple d’un dysfonctionnement du récepteur de l’équilibre logé dans l’oreille interne et qui s’appelle le labyrinthe. Chaque labyrinthe comporte trois canaux en demi-cercle situés dans les trois plans de l’espace.
Le bon fonctionnement des labyrinthes nous permet d’avoir toujours une image fixe sur la rétine quand on bouge la tête. C’est la raison pour laquelle les ORL recherchent toujours le nystagmus, c’est-à-dire le réflexe vestibulo-oculaire, le reflexe entre l’oreille interne et l’œil. Ils utilisent des lunettes avec des caméras infra-rouges pour étudier les mouvements de l’œil en éliminant la fixation : c’est ce qu’on appelle une vidéonystagmoscopie.
Le vertige positionnel du canal postérieur est le plus fréquent.
Le patient se plaint d’un vertige intense rotatoire lié aux mouvements de la tête qui présente trois particularités indispensables au diagnostic :
1. Il se déclenche uniquement lors des changements de position de la tête dans l’espace.
2. Il est très violent, mais sa durée est brève, moins d’une minute.
3. Il peut entraîner des nausées et des vomissements mais il n’y a pas de surdité ni de maux de tête.
Les positions de la tête qui déclenchent le vertige sont le plus souvent celles de la tête en extension ou lorsque le patient se retourne dans son lit le soir ou passe le matin de la position couchée à la position assise. Ce vertige se reproduit à chaque fois que le patient replace sa tête dans la même position mais il s’amenuise en intensité traduisant ainsi sa fatigabilité. L’interrogatoire est donc d’emblée très évocateur. Toutefois, seul l’examen clinique va confirmer le diagnostic.
L’examen réalisé sous lunettes de vidéonystagmoscopie va consister en la réalisation de manœuvres déclenchant le vertige pour déterminer le coté atteint et le canal incriminé.
La répétition de ces manœuvres entraîne une diminution progressive de ce nystagmus et du vertige. Vertige et nystagmus sont donc fatigables et ce peut-être une méthode de guérison.
Spontanément, les crises de VPPB se répètent durant une période de trois semaines à un mois. Passée cette période, les crises s’estompent, ne laissant alors qu’une sensation d’inconfort et surtout d’appréhension à la reprise de la position déclenchante.
Mais parfois le patient souffre de sensations d’instabilité, d’ébriété, qui deviennent insupportables dans la vie quotidienne et qui nécessitent une prise en charge.

Ces manœuvres entraînent souvent une guérison du vertige positionnel d’autant plus qu’elles sont pratiquées précocement. Elles peuvent être reproduites au cours d’une séance suivante si le vertige positionnel est encore présent. Si le vertige positionnel résiste à deux ou trois manœuvres bien faites, on doit remettre en cause le diagnostic de VPPB et pratiquer un bilan complet de l’oreille interne afin d’éliminer une autre cause.
En cas de récidives fréquentes, ce bilan complet doit être fait à distance de la crise pour essayer de retrouver la cause du vertige. Il ne faut en aucun cas laisser le doute et des comportements d’éviction s’installer comme se coucher lentement, ne pas bouger la tête etc… La mobilisation fait donc partie du traitement. Il en va de la qualité de vie des patients et de la prévention des chutes surtout chez les sujets séniors.
Il vous faut donc, Jeanine, bouger normalement et re-consulter rapidement en cas de récidive, mais sans paniquer car il s’agit le plus souvent d’une pathologie bénigne.
