Il existe en réalité deux types d’allergies aux protéines de lait de vache.
La première, est dite allergie immédiate, avec fabrication d’anticorps IgE dirigés spécifiquement contre chacun des allergènes de lait (ß lactoglobuline, Alpha lactalbumine et caséine). Elle se manifeste rapidement (quelques minutes à 2 heures) après la prise du biberon avec l’apparition d’une urticaire, d’un œdème ou d’une crise d’asthme et plus rarement un choc anaphylactique avec malaise et hypotension pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance. Le diagnostic est fait par des tests sur la peau (réalisables dès les premiers jours de vie dans le dos du nourrisson) et un dosage sanguin des anticorps IgE spécifiques. Dans certains cas, un test de provocation orale en milieu hospitalier est nécessaire dans un service spécialisé en allergologie.
Lorsque le diagnostic est posé, un régime avec l’exclusion du lait et des aliments à base de produits laitiers est mis en place. Un lait spécial sans protéines de lait est alors prescrit. Il s’agit d’hydrolysats poussés de protéines comme le Prégestimil, le Nutramigen ou de lait à base de Riz comme le Modilac riz ou le Novalac riz. Si certaines circonstances le nécessitent, le médecin pourra avoir recours à un autre lait à base d’acides aminées : le Néocate à adapter en fonction de l’âge. Les laits maternisés dits “hypoallergéniques” ne sont par contre pas un traitement de l’allergie au lait mais un lait de prévention en cas de terrain allergique prédisposé dans la famille. Attention, il ne faut pas non plus donner de lait de soja ou de lait de brebis, de jument ou de chèvre au risque de voir des allergies croisées apparaître. Une bonne nouvelle : l’allergie aux protéines du lait de vache a tendance à régresser avec l’âge pour disparaître totalement. Il n’est pas question bien sûr de donner soi-même du lait pour voir si l’enfant est guéri, seul un nouveau bilan allergologique doit l’autoriser.
Le deuxième type d’allergie au lait, moins connu, est dit retardé. Il peut déclencher chez le bébé après la prise du biberon, des troubles digestifs avec des diarrhées, un ventre ballonné, un reflux gastro oesophagien pouvant aller jusqu’à l’amaigrissement visible sur la courbe de poids. Il y a aussi des possibilités de poussées d’eczéma sur le corps. Le diagnostic passe par un test en patch sur la peau et surtout l’amélioration de l’état de l’enfant après la mise en place d’un régime identique à celui de l’allergie immédiate au lait.
N’hésitez pas à consulter votre médecin ou l’allergologue pour refaire le point régulièrement.